Les plus vulnérables sont « le cœur battant de notre humanité »

Lors de son voyage en France, Léon XIV a tenu à nous rappeler que la lutte pour la dignité humaine ne peut pas se faire en laissant les plus vulnérables sur le carreau. Les enfants dans le sein de leur mère et les personnes en fin de vie sont parmi ces plus vulnérables. Cela rejoint l’affirmation de saint Jean-Paul II qui écrivait : « Une société ne peut avoir un fondement solide si, tout en affirmant des valeurs comme la dignité de la personne, la justice et la paix, elle se contredit radicalement en acceptant ou en tolérant les formes les plus diverses de mépris ou d’atteintes à la vie humaine, surtout quand elle est faible ou marginalisée1. »
C’est d’abord en s’adressant à l’UNESCO que le pape a fait ce rappel :
La pierre de touche qui nous permet d’évaluer notre engagement est l’attention que nous portons aux plus petits et aux pauvres : les enfants dans le sein de leur mère et sur les différents théâtres de guerre, les personnes souffrant d’un handicap physique ou intellectuel, les personnes âgées, les migrants et les réfugiés, ainsi que tous ceux qui sont exclus avec arrogance au motif qu’ils ne sont pas productifs. Ils constituent le véritable critère de vérification de nos prétentions à respecter la dignité humaine, et leur protection et leur promotion s’étendent également à la création.

À Lourdes aussi, dans son discours aux malades et aux accompagnateurs, il rappelle à ceux-ci : « vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. » :
Je sais que pour certains d’entre vous, en raison de pathologies particulières et de douleurs parfois terribles, l’horizon peut apparaître sombre, incertain, sans issue. Mais aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité. Au contraire, c’est au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée. Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral.
Ici, à Lourdes, cité des malades et de l’espérance, j’appelle toute la communauté des soignants à se souvenir du sens profond de sa vocation : veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer. Oui chers amis, soyez des serviteurs passionnés de la vie ! Personne n’a le droit, jamais, « sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! » (Discours aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune, 22 juin 2026).
En ce sens, je vous invite d’une part à développer sans relâche les structures de soins palliatifs et de recherche ; d’autre part à accompagner avec tendresse les malades, comme ici à Lourdes où médecins, infirmiers, brancardiers, aumôniers, équipes pastorales des malades et tant d’autres encore exercent leur vocation au service de la dignité de la personne humaine, pour que le monde ait la vie. En soignant les corps, vous pansez aussi les âmes.
À vous chers membres des hospitalités, mais aussi à vous personnels de santé qui vous dévouez au service de vos frères et sœurs j’exprime toute ma gratitude.
Chers frères et sœurs malades, je tiens à vous dire : vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. Je porte dans la prière les épreuves que vous traversez. Ma pensée rejoint tous ceux qui ne peuvent être là et qui, de leur domicile ou de leur chambre d’hôpital, sont unis à notre rencontre. Je vous confie tous à l’amour maternel de la Mère du Seigneur, en lui demandant de vous obtenir les consolations de son Fils Jésus. Que Dieu vous bénisse et vous protège ! »
Notre pape a donc fermement dénoncé la prétention à faire le bien en supprimant les personnes les plus vulnérables, qui ont le plus besoin de soutien et d’amour.

1 Encyclique Evangelium Vitæ, 1995, § 101.