Interview du professeur René Écochard : le cas d’une « transition – détransition » d’un adolescent

En janvier dernier, Radio Courtoisie a reçu le professeur René Écochard à propos d’un cas limite et largement médiatisé.

Nous reproduisons une transcription résumée de cette interview qui a durée 23 minutes.

L’animateur introduit le cas « Lilie », un cas de « transition-détransition » d’un adolescent et donne la parole au professeur.

René Ecochard (RE) : C’est un des deux jumeaux d’une fratrie ; très impressionné petit par leur grande sœur il a voulu être fille ; ses parents ont accueilli sa demande et dès l’âge de 7-8 ans il s’est retrouvé plongé dans les médias comme cas emblématique de « la nature s’est trompée de corps ».
L’absence de questionnement par les parents de cette affirmation, pour un âge si précoce, interroge : il voulait simplement aller à l’école en jupe, comme sa grande sœur. Aucune parole de sagesse n’est venue lui proposer une autre explication, une alternative.
Vers 14 ans sa nature masculine a commencé à s’affirmer (traits du visage, stature…) d’où l’émergence d’une déception de sa propre apparence comme il est courant à cette période de transformation du corps. Il a énormément souffert de l’absence de recul de l’entourage, familial, scolaire ou médical, qui assimilait sans critique « désir » et « nature ».

(RC) Aujourd’hui, où en est-il ? (3.40)

(RE) René Écochard n’a pas de nouvelles récentes (début 2026) mais évoque un débat télévisé où sont envisagés les « bloqueurs de puberté ».
Il avait déjà effectué une « transition sociale » où tout son entourage devait le considérer comme une fille : c’est l’amorce de la course sans fin pour tenter d’éliminer le malaise intérieur, avec la suite logique des bloqueurs de puberté. Ceux-ci sont présentés comme un moyen de patienter en attendant que le jeune ait pris sa décision. La réalité est un blocage de croissance dans l’état semi-infantile où il se trouve alors que tout l’entourage s’affirme ; l’un des problèmes est l’irréversibilité du blocage pour des étapes importantes du développement.
Puis dès 18 ans en France, il est possible de demander des interventions chirurgicales majeures (ablation des seins, du pénis, de l’utérus…) Il est troublant d’observer [lors de l’interview télévisée de « Lilie » vers ses 15 ans] les mensonges des autorités, civiles ou médicales, qui omettent de mentionner la stérilité et d’autres conséquences très handicapantes, ainsi que l’impossibilité définitive d’une sexualité épanouie. On pouvait d’ailleurs observer que l’adolescent semblait passif, répondait ce que l’entourage médiatique attendait.

(RC) La commission européenne [ne va pas dans votre sens] et impose la transcription dans les législations de l’autodétermination du « genre » sans restriction d’âge. Est-ce une tendance mondiale ou limitée à l’espace européen ? (7.30)

(RE) L’activisme ‘trans’ en Europe est très isolé : les autres continents ne sont pas du tout dans cette ligne. Il s’agit d’un déni de la réalité, du rêve devenu loi. Chacune de nos cellules contient un chromosome XX pour les femmes, ou XY pour les garçons. Les institutions européennes sont envahies de personnes disposant d’un grand pouvoir, qui leur a été donné, allant dans le sens du refus du réel. Heureusement, on trouve également des organismes solides qui luttent en Europe sur le plan juridique pour que le réel biologique, humain, ait sa place dans les décisions.
On peut tout de même voir du positif dans ce phénomène : l’homme n’a pas toujours accueilli la grandeur de la féminité, comme les femmes peuvent ne pas percevoir les valeurs de l’homme. Au-delà de ces folies on peut espérer retrouver une vision belle et forte de la féminité / masculinité. Par exemple à côté d’un « féminisme » étriqué on trouve une nouvelle vision de la femme, y compris dans sa maternité ; mais le travail reste à faire concernant la grandeur de l’homme (désir de protéger, de faire de grandes choses…)

(RC) Dans le concret ce n’est pas l’option retenue par la législation européenne, qui entre dans une coercition croissante – interdiction des thérapies, et même simplement de proposer d’en parler… (13.00)

(RE) Il y a trois actions actuellement : juridique, au niveau du Conseil d’État et d’autres organes y compris judiciaires, pour restaurer la vérité sur ces sujets (Juristes pour l’Enfance, ECLJ…) ; la deuxième action à développer se situe au sein des familles ou dans les institutions éducatives : valoriser le sexe de l’autre, montrer que la féminité, la masculinité, sont de belles choses ; la troisième consiste à résister : refuser absolument de changer le prénom des enfants ; c’est une atteinte à la personne de changer, même par faiblesse, le prénom d’un enfant ; Soljenitsine ne s’est pas posé, en son temps, la question de la conformité au ‘droit’ soviétique ; parfois simplement ne pas accepter de donner un pronom (il / elle) contradictoire, esquiver simplement son usage.
Se plier aux injonctions, c’est nuire énormément aux enfants en recherche ; on observe par exemple un nombre croissant de procès (Angleterre, Nord de l’Europe…) contre ceux qui ont accepté trop légèrement les « transitions » : des jeunes qui accusent « vous ne m’avez pas aidé à ce moment ». Bien sûr on respectera la souffrance mais on s’abstiendra d’utiliser un mauvais prénom, ou pronom : on demandera simplement « comment vas-tu ? » indistinct.

(RC) Vous avez publié deux ouvrages : « Homme, femme, ce que nous disent les neurosciences » et « Ce que l’homme doit à son chromosome Y », qui résument cet éloge de la masculinité ; les neurosciences nous disent la réalité sous-jacente à cette différence, ce n’est pas une « construction sociale » : une « transition » même simplement « sociale » envoie un signal très contradictoire envoyé à la personne, qui sépare corps et esprit ; (18.45)

(RE) L’imagerie cérébrale permet de mieux comprendre la spécificité du masculin / féminin ; par exemple une jeune femme neuropsychiatre a fait faire des images de l’activité de son propre cerveau tout au long de son cycle féminin : au début il est plutôt en repos, puis il s’active davantage, devient « plein de féminité » selon ce qu’on connaît des zones concernées, puis dans un troisième temps se développe davantage la maternité. Il y a vraiment une activité du cerveau spécifique de l’homme / de la femme ; par exemple l’homme a une pulsion naturelle à protéger, qu’on ne peut pas plus arrêter que la montée des eaux lors des marées. Si l’homme, la femme, est privé de l’opportunité de « prendre soin », chacun selon sa spécificité, c’est une perte de liberté et il / elle en souffre.

(RC) Une association à conseiller à ceux qui ont des problèmes de ‘transition de genre’ ? (22.45)

(RE) Juristes pour l’Enfance suit ces problématiques de près et est en mesure de donner de bons contacts selon le contexte (https://www.juristespourlenfance.com/).