Une cloche pour la vie à Vintimille (Italie)

Le diocèse de Vintimille-Saint-Rémo, dans le nord-ouest de l’Italie, a inauguré une cloche dédiée aux enfants non nés dans le siège de sa curie épiscopale.

La cloche dénommée « Cloche pour les enfants non nés » a été installée le 28 décembre 2025, coïncidant avec la fête liturgique des Saints Innocents, et a pour finalité —selon les explications du diocèse lui-même— de rappeler quotidiennement les enfants qui n’ont jamais vu le jour et d’appeler à la prière pour la défense de la vie humaine. La cloche, qui porte l’inscription gravée « À tous les enfants non nés », sonne chaque jour à 20 h 00.

Mgr Suetta évêque de Vintimille a souligné que l’initiative ne vise pas à être une attaque contre les femmes qui ont avorté, mais un geste en faveur de la vie. Dans des déclarations rapportées par La Nuova Bussola Quotidiana, il a affirmé que « le son de cette cloche est au service de la vie et n’est pas une invective contre les femmes qui ont traversé le drame de l’avortement ».

Mgr Suetta répond aux critiques et accusations

Mgr Suetta a rappelé la doctrine constante de l’Église, qui distingue clairement entre la condamnation morale de l’avortement et l’accompagnement pastoral des femmes affectées. Citant la constitution Gaudium et Spes du Concile Vatican II, il a réitéré que l’Église définit l’avortement comme un « crime abominable », sans pour autant cesser de considérer la femme comme victime d’une blessure morale et sociale plus large.

« Dans l’avortement, un enfant meurt et, en même temps, une mère souffre profondément », a souligné Suetta. « L’avortement laisse un lourd fardeau de douleur, et la cloche invite à la prière et à la proximité avec toutes les femmes qui souffrent pour cette raison ».

Un appel contre la banalisation de l’avortement

Le prélat a présenté l’initiative comme une réponse à ce qu’il a décrit comme une habituation sociale croissante à l’avortement dans les pays où il est légal. À son avis, la légalisation a contribué à minimiser sa réalité biologique et médicale, au point que beaucoup ont cessé de le considérer comme un crime ou un péché.

De même, il a critiqué le fait que les mouvements progressistes et féministes présentent l’avortement comme un droit absolu, subordonnant les preuves scientifiques, la loi naturelle et le jugement moral au choix individuel. Par conséquent, il a défendu que la cloche vise à « sensibiliser les consciences » face à une question qui —a-t-il affirmé— n’est pas seulement confessionnelle, mais anthropologique et scientifique.

Un signe permanent de prière

Les origines de la cloche remontent à avant son installation. Elle a été fondue le 5 février 2022 lors de l’initiative diocésaine « 40 Jours pour la Vie », comme un signe permanent et visible de prière, de mémoire et de recommandation. « 40 Jours pour la Vie » est une période de quarante jours dédiée à la prière, au témoignage public et à des rencontres formatives centrées sur des questions pro-vie, une initiative à laquelle le diocèse de Vintimille – San Remo avait déjà participé auparavant.

Selon des sources diocésaines, son objectif est resté constant depuis lors : donner une « voix » symbolique aux enfants non nés et maintenir présent le thème de l’avortement dans la conscience publique par un signe audible quotidien. Depuis son inauguration, cependant, la cloche est devenue un point focal d’un débat public plus large en Ligurie, mettant en évidence des tensions persistantes en Italie entre l’expression religieuse, l’autorité politique et les diverses positions sur l’avortement et les droits des femmes.

Article complet sur infovaticana.com du 10 janvier 2026