Avortement : des chemins de guérison

L’IVG est un drame, pour l’enfant qui disparaît mais aussi pour la mère, le père et toute la famille. Les femmes et les hommes ayant décidé d’un avortement, en plus des conséquences physiques possibles pour la femme, sont la plupart du temps blessés très profondément par cet acte, même s’ils ne s’en rendent pas forcément compte tout de suite. Parmi les conséquences psychologiques possibles, il peut y avoir la dépression, une tendance à se mettre en situation d’échec (comme pour se punir), des addictions… Voir Les risques de l’avortement pour la santé de la femme et de sa famille, Les hommes et l’IVG, Les conséquences de l’avortement pour les frères et sœurs.
L’avortement a aussi des conséquences spirituelles, car c’est un acte grave qui blesse notre relation avec Dieu.
Pour les femmes et les hommes qui souffrent parce qu’ils regrettent leur(s) avortement(s), ou ceux qui commencent à percevoir que cet acte leur a fait du mal, il existe des chemins pour se relever et s’ouvrir à la vie.
Les étapes de la guérison de la blessure de l’IVG
Il est très difficile de faire sans aide extérieure le chemin pour être guéri de la blessure de l’avortement. Il existe des personnes qui se consacrent à l’accompagnement de femmes et d’hommes qui regrettent leur(s) IVG ou qui souffrent sans y voir encore très clair. Ces accompagnateurs sont souvent des prêtres, des pasteurs, des médecins… Ils aident à faire le chemin du deuil de l’enfant non né.
L’ECLJ (European Centre for Law and Justice) a interviewé Sandra Dubi, pasteur et psychologue, qui accompagne des femmes et des hommes qui n’arrivent pas à faire le deuil d’un avortement. Dans cette interview, elle nous explique les étapes par lesquelles il est nécessaire de passer pour être libéré de la blessure de l’IVG. Voici ces étapes :
- Sortir du déni : l’avortement n’est pas un acte anodin, ce n’est pas un événement insignifiant dans ma vie, cela m’a vraiment affecté(e).
- Laisser les émotions sortir et s’exprimer : la colère, la culpabilité, la honte…
- Prendre conscience que « ce » qui a été éliminé n’était pas un « amas de cellules » mais un enfant, un être humain.
- Donner un prénom à l’enfant : c’est honorer la vie, et c’est rendre l’enfant réel, ce qui est nécessaire pour en faire le deuil.
- Faire le deuil de l’enfant. Sans les étapes précédentes, le deuil n’est pas possible, c’est un deuil non résolu qui empêche d’avancer dans ma vie.
- Pardonner : on peut avoir à pardonner le personnel médical, le conjoint/partenaire, les parents, les amis qui ne m’ont pas bien conseillé(e) ou qui n’ont pas osé me dire la vérité… La maman n’est pas la seule responsable de l’avortement, il est important de le réaliser.
- Recevoir le pardon. Accueillir le pardon que Dieu veut me donner.
Chacune de ces étapes peut être très difficile à mettre en œuvre, c’est pourquoi, la plupart du temps, un accompagnement est nécessaire pour parcourir ce chemin.

Se pardonner à soi-même
L’une des plus grandes difficultés pour les parents ayant choisi l’avortement, et qui regrettent leur(s) IVG, est de se pardonner à eux-mêmes. Comment se pardonner quand l’acte qui a été posé est irréparable, et qu’il s’agit de la mort de son propre enfant ?
Essayer de vraiment comprendre ce qui s’est passé, les raisons qui ont poussé à faire ce choix, les peurs et les pressions qui ont été subies, essayer de vraiment se comprendre soi-même et d’accepter sa propre faiblesse, peut aider.
Décider de devenir pleinement la mère ou le père de l’enfant décédé, lui demander pardon, lui donner un prénom, vivre une relation avec lui/elle, si l’on croit en la vie après la mort, peut aider.
Mais la plus grande aide pour se pardonner à soi-même est de recevoir le pardon de Dieu.
Dieu m’a créé(e), et il a créé ce petit être qui est mort. Il nous aime, lui et moi, infiniment. Dieu a été blessé par l’avortement, Dieu désirait la vie pour ce bébé. Ma relation avec Dieu a été blessée par l’avortement. Peut-être même que ma relation avec Dieu a été complètement brisée, si j’ai agi librement et que j’avais conscience que mon bébé était un être humain. Mais cette brisure n’est pas irréparable. Dieu désire plus que tout que j’accueille son pardon. Il m’aime, il veut renouveler sa relation avec moi, et il veut que je me relève, que j’accueille la vie !
Si je ne suis pas catholique ou orthodoxe, je ne peux pas me confesser, mais je peux demander pardon à Dieu dans la prière, il ne m’abandonnera pas. Si je ne suis pas baptisé(e), je peux aussi décider de demander le baptême, qui permet de recevoir le pardon de tous les péchés qui ont été commis auparavant.
Si je suis catholique ou orthodoxe, le moyen de me réconcilier avec Dieu est la confession : il s’agit de dire à Dieu à travers le prêtre ce que j’ai fait, pour qu’il me donne l’absolution (le pardon de mes péchés) de la part de Dieu. Si je me suis confessé(e) sans rien cacher et en regrettant vraiment ce que j’ai fait, j’ai la certitude que ma relation avec Dieu est renouvelée et qu’il m’a pardonné(e). Son désir est que je vive, que je ne me laisse plus écraser par cet événement – c’était déjà son désir avant la confession, c’est moi qui avait besoin de cette confession pour me relever, Dieu n’en avait pas besoin pour m’aimer. Voir Comment confesser mon avortement.

Des propositions pour se relever de l’avortement
En France, il existe des solutions pour se faire aider face à la souffrance et au regret de l’IVG. Si vous connaissez des propositions dans d’autres pays francophones, ou d’autres personnes qui accompagnent des femmes et des hommes ayant avorté, n’hésitez pas à nous l’indiquer en commentaire.
Accompagnement par un prêtre
Il est toujours possible de demander un accompagnement par un prêtre, en s’adressant à une paroisse ou un sanctuaire. Certains prêtres sont habitués à accompagner des femmes et des hommes ayant avorté, comme par exemple l’abbé Laurent Spriet à Lyon.
Groupe de parole post-IVG
À Lyon, un groupe de parole destiné aux femmes ayant avorté se réunit un soir par mois, en présence d’une écoutante, d’un prêtre, d’un médecin et d’une psychologue.
Lignes d’écoute téléphoniques
L’association Mère de Miséricorde (0800 746 966) et l’association SOS bébés (01 42 47 08 67) proposent des écoutes téléphoniques sans jugement. Elles peuvent aussi vous conseiller sur les personnes qui pourraient vous accompagner dans votre région.
SOS bébés propose aussi d’échanger par email (contact@sosbebe.org) ou par chat sur leur site.
Association Agapa
L’association Agapa propose un accompagnement avec des bénévoles chrétiens, permettant des échanges sans jugement, et un cheminement de libération.
Chemins de consolation
Les chemins de consolation sont des parcours avec des panneaux comportant des Paroles de Dieu et des paroles méditatives. On les trouve généralement à l’extérieur d’une église ou sur des lieux de pèlerinage. Sur ces lieux, il est généralement possible de rencontrer un prêtre, un religieux ou une religieuse avec qui parler. Il est aussi proposé de faire la démarche de donner un prénom à l’enfant et de poser une plaque à son nom.
Voir la liste des chemins de consolation en France.
Sessions Stabat
Les sessions Stabat sont proposées par l’association Mère de Miséricorde. Elles permettent à des femmes et des hommes ayant perdu un enfant avant la naissance, volontairement ou non, de vivre des parcours de cinq jours en silence, avec un accompagnement personnel. Elles comportent des temps d’enseignement et de méditation, de recueillement et de prière, des ateliers créatifs et des veillées.
La Vigne de Rachel
L’association La Vigne de Rachel propose à des personnes souffrant de l’avortement (femmes, hommes, frères et sœurs d’enfants avortés, etc.) des week-ends de guérison.
Conclusion
L’avortement est un drame, qui blesse les parents aux niveaux physique (pour la mère), psychologique et spirituel. Cet acte est irréversible, mais il n’est pas impardonnable. Un chemin de vie est possible pour ceux qui ont un jour choisi l’avortement et qui le regrettent. Un chemin pour recevoir la vie, pour accueillir le bonheur, et pour être source de vie pour les autres. Dieu est la source du pardon et de la vie.
