Un service hospitalier exemplaire au service des personnes en fin de vie : le témoignage d’Agnès S.

Je travaille dans une société de services aux personnes âgées à domicile et j’ai accompagné trois personnes jusqu’au bout, toutes trois décédées en 2025.

Nous sommes une famille chrétienne engagée. Notre père de 87 ans était autonome et conduisait sa voiture électrique, puis il a fait un AVC. Conduit à l’hôpital neurologique de Bron en banlieue lyonnaise, il est décédé trois semaines plus tard, en douceur et en notre présence.

Je peux témoigner que cet homme de Foi a posé des choix déterminés et conscients tout en acceptant les détachements radicaux de tout abandonner à Dieu d’un coup.

Je peux témoigner que le service neurologique à Bron est un bon exemple d’accompagnement de fin de vie avec respect des choix de mon père qui lui ont été redemandés jusqu’au bout.

En effet, il ne pouvait pas parler mais est resté tout à fait conscient jusqu’à la veille au soir de son décès. Le service neurologique et l’unité de soins palliatifs mobile lui ont posé à nouveau toutes les questions relatives aux directives anticipées qu’il avait signées en 2022 en accord avec ses quatre enfants.

Les personnels de l’hôpital ont su « communier à son rythme » en particulier par leur attention aux expressions de son visage. Le sédatif a été mis en place pour la nuit avec son accord et celui de la famille. Ainsi, il a pu vivre le meilleur en toute conscience avec nous jusqu’au dernier jour, et son dernier souffle s’est « éteint » en notre présence, en douceur.

Avant cela, mon père a pu revoir ses quatre enfants et douze de ses seize petits-enfants ainsi que son septième arrière-petit-fils, né 13 jours plus tôt – qu’il a pu voir en visio. Il était très conscient aussi de l’annonce de son huitième arrière-petit-enfant qui naîtra 6 mois plus tard.

Ainsi, au regard des des lois en cours de vote, c’est un exemple de réussite, sans empoisonnement, avec sédation appliquée avec délicatesse pour un passage en douceur. Ainsi, les douleurs et étouffements aigües ont été évités.

Suivant ses directives, l’intubation, la réanimation et la sonde gastrique pour le nourrir artificiellement n’ont pas été retenues. Le choix de prolonger un peu sa vie avec une sonde gastrique a été proposé à l’intéressé et également à la famille… et il est vrai que c’est difficile pour la famille d’accepter de respecter la volonté de la personne concernée.

Se laisser mourir naturellement et non se tuer… c’est très différent !!