L’avortement, pourquoi ? Les causes fondamentales de l’avortement
Table des matières
Introduction
L’avortement : pourquoi ?
La peur
Les pressions
Une information biaisée
Introduction
Dans cet article, nous essayerons de voir et de connaître les causes fondamentales d’un avortement.
Quand on interroge les femmes sur les bienfaits de l’avortement, plus de 80% estiment qu’il vaudrait mieux l’éviter ; et seule une infime minorité (moins de 3%) persiste à affirmer qu’il n’a aucune conséquence psychologique.
On ne peut qu’être frappé de la discordance entre cette perception et le nombre d’avortements en France : pourquoi recourir massivement à un acte que les principales intéressées désapprouvent tout aussi massivement ?
La clef est peut-être en partie dans l’anthropologie dominante, ou plutôt le refoulement contemporain de toute réflexion dans ce domaine. Deux visions s’affrontent depuis l’aube de l’humanité ; notre héritage judéo-chrétien, racine de notre culture, notre histoire, en propose une synthèse dans le second chapitre de la Sagesse ; la philosophie grecque en donne une description très similaire dans le dialogue entre Socrate et Calliclès (voir encadré) : pour faire court, Calliclès est un homme de l’immédiat, amputé de sa dimension temporelle, préoccupé de jouir, alarmé à la perspective d’un frein ; c’est aussi ce qui conduit à Caïn. À l’heure où nul n’échappe à une publicité inconnue dans le monde antique, on peut observer que le pauvre Calliclès n’est qu’une marionnette dirigée par ceux qui orientent ses désirs à leur guise.
L’incompréhension mutuelle avortement / défense de la vie provient de cette divergence sur une vision non dite de l’humanité.
CALLICLÈS : […] Écoute, Socrate, tu prétends que tu poursuis la vérité, eh bien, voici la vérité : si la facilité de la vie, le dérèglement, la liberté de faire ce qu’on veut, demeurent dans l’impunité, ils font la vertu et le bonheur ! Tout le reste, ce ne sont que des manières, des conventions, faites par les hommes, à l’encontre de la nature. […] SOCRATE : […] Suppose qu’il y ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les tonneaux de l’un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d’autres tonneaux, remplis de toutes sortes de choses. […] L’autre homme, quant à lui, serait aussi capable de se procurer ce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipients sont percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s’infligeant les plus pénibles peines. Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu’elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie de l’homme déréglé ou celle de l’homme tempérant ? […] CALLICLÈS : Tu ne me convaincs pas, Socrate. […] Car ce dont je parle, c’est de vivre dans la jouissance, d’éprouver toutes les formes de désirs et de les assouvir – voilà, c’est cela, la vie heureuse ! (voir un extrait plus complet) |
L’avortement : pourquoi ?
On peut discerner trois causes fondamentales :
La peur (de la perte d’un avenir planifié, de l’autre, de la vie).
Les pressions (du conjoint, des proches, des institutions).
Le défaut d’information (biaisée ou étouffée).
La peur
La première des peurs, compréhensible, lors d’une grossesse inattendue est celle de l’avenir : une naissance remet en cause un schéma planifié, apporte son lot de contraintes et difficultés. Les problèmes peuvent paraître insolubles et personne ne peut prétendre y échapper.
Pour autant cette peur relève d’une incapacité à se projeter, à envisager un changement de contexte ; elle rejoint le doute sur ses propres capacités à affronter une situation nouvelle. L’expérience commune, renforcée par d’innombrables témoignages, montre pourtant qu’une naissance est une formidable source d’énergie, tant pour le père que pour la mère.
Une autre peur est spécifique à la femme en un moment où elle se sent vulnérable, celle de la capacité, voire de la volonté, de son compagnon à la protéger : exprime-t-il des réserves, de simples doutes, ou élude-t-il sa propre responsabilité dans le choix, manque-t-il de fermeté dans son soutien face aux proches ou aux institutions ? Par exemple un bien intentionné « ton choix sera le mien » laisse reposer sur la femme tout le poids de la décision.
Il arrive également que l’homme soit totalement marginalisé et subisse un choix imposé. Le ‘tais-toi et paye’, induit par une législation déséquilibrée, n’est pas pour rien dans les réactions souvent négatives. Il existe également des situations douloureuses où l’homme se voit dépouillé du droit élémentaire à protéger l’enfant qu’il aurait souhaité accueillir.
Un autre type de peur, disproportionné au regard des risques, est celui du handicap, guère différent, sur le principe, de ce « choix du sexe » d’autres nations dont on aime se gausser. Le scandale est l’élimination de largement plus d’enfants sains que réellement atteints : cette peur, introduite cette fois par le praticien – pressé par une certaine législation, il est vrai – conduit des femmes à la stérilité après l’élimination d’un enfant en pleine santé ; on se gardera naturellement de le leur dire. On ne dira pas non plus qu’il naît davantage d’enfants handicapés à cause d’un précédent avortement, que ne sont éliminés d’enfants porteurs d’un handicap. Et pourtant l’accueil ou le rejet d’un enfant handicapé a une incidence très concrète sur la confiance des autres enfants.
Les pressions
La première pression vient du conjoint : celui dont le soutien est attendu se retourne contre celle qu’il a pour mission de protéger. L’expression qui revient dans les témoignages d’hommes dans ce contexte est de se sentir « lâche et mal à l’aise » ; ce n’est pourtant que la moindre des conséquences.
Les proches, en général les parents pour les plus jeunes, ou les amis bien intentionnés, pèsent souvent de tout leur poids ; encore une fois ceux dont la femme vulnérable attend le soutien se retournent contre elle. Difficile de ne pas y voir encore l’expression de la peur de l’avenir, cette fois pour des proches qui se projettent abusivement.
La pression la plus forte vient pourtant des institutions. Par exemple une femme qui franchit le seuil du Planning Familial se voit virtuellement retirer presque toute possibilité de choix ; il faut être très forte pour résister aux discours « raisonnables » de gens en blouse blanche « qui savent ». Et occultent les risques et séquelles déplaisantes… Paradoxalement, en donnant à la seule femme, ou jeune fille, le choix d’avorter ou non, le législateur en fait supporter la responsabilité à la femme seule. On peut prédire, sans trop de risques d’erreur, que l’avenir jugera très sévèrement les responsables de ces législations et leurs mises en œuvre, ainsi que leurs dérives mercantiles.
Une information biaisée
« Ça [ne] va pas du tout, qu’est-ce qui se passe ? […] Vous ne m’aviez pas dit que ça me ferait ça ! » (Réaction d’une jeune fille après un avortement).
Un autre témoignage, très parlant, d’une femme « libérée » allant se faire avorter en groupe à Londres dans les années 70. Dans le car : à l’aller, les chants, les « certitudes » ; au retour, le silence, le malaise, les pleurs.
Le plus perturbant est que la seule information sincère et équilibrée, qui laisse la parole aux deux parties, est diffusée par des associations de bénévoles. Par exemple peu d’officines gouvernementales donneront spontanément une information sur les aides légales en faveur des jeunes mamans. Cette censure porte gravement atteinte à la parole institutionnelle et décrédibilise l’autorité judiciaire et exécutive.
Cette manipulation de l’information biaise le discernement des personnes concernées : des renseignements orientés et tronqués conduisent les principaux intéressés à prendre en toute bonne foi des décisions contraires à leur intérêt. On touche là à « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », et la tentation humaine de dire le bien, le mal.
Il n’est pas interdit de saisir toute occasion pour en parler à nos proches, nos collègues… La parole agit par imprégnation et se diffuse par la seule force de sa vérité.
Ces séquelles, obstinément dissimulées par les diverses officines qui vont jusqu’à utiliser les fœtus comme « matière première » commercialisable, commencent pourtant à apparaître sous l’acronyme PAS (Post Abortion Syndrome – syndrome post-abortif). Ces troubles ne sont nullement incompatibles avec un premier sentiment courant de soulagement.
À leur décharge, on peut estimer qu’une majorité de praticiens sont défavorables à l’avortement mais qu’ils n’ont souvent pas le choix – que dire des clauses de consciences déniées, ou dont la mise en œuvre s’avère impraticable ? Dans ce contexte, comment reprocher au soignant de se raccrocher à l’idée qu’il vient en aide à la femme ? Ce qui le conduit à nier les conséquences de l’acte sous peine d’une culpabilité écrasante.